écrits poétiques
Nocturne
Nocturne
Les ténèbres sculptent
L’air déjà froid
Les arbres soupirent
Sur mes épaules
Mes mains fouissent
Un pelage chaud
Un animal remue
Sous les taillis
Le chagrin se faufile
La bête s’évapore
Dans la première brume
Pulpes intérieures
Pulpes intérieures
Tes mots me parviennent
Déformés
Du sable, des incendies
Brouillent les fréquences
À mes tempes
Un sang noir résonne
Ton épaule est une falaise
Battue par les vents
Sous ta voix
Tout en-dessous
Une douceur douloureuse
J’aimerais refermer tes chairs
Sur la blessure
Apaiser ta lymphe
tes pulpes intérieures
Recoudre au point de croix
Quelque chose tanguait
Quelque chose tanguait
Il ouvrit grand la bouche, nul son n’en sortit
Pas même une plainte
Il imagina un filet de bave
À ses commissures
Toute cette glaire qu’il portait à l’intérieur
Tout ce que le monde déversait en lui
Par petites touches
Quelque chose tanguait dans son corps
Sous sa peau
le bourdonnement d’insectes, la vase d’un étang
l’haleine fétide des guerres
Liste
Liste
Racheter du thé
Tailler le jasmin
Poster ma lettre
Étrenner mon vélo
Passer en librairie
Pour un recueil de poèmes
Tout se tient
Lèvres mordillées
Feuilles d’automne,
Les premières
Un orage dans la poitrine
Le Grand Obscur
De la nuit fraîche
Entre nos peaux
À ton front
Un éclair
Ne pas oublier
de dormir
Verbier
Verbier
La forêt entre par la fenêtre
Fourrure sombre et mouvante
Elle dévale jusqu’au lit
Je jette mes talons hauts
Négligemment
Sur la façade de l’hôtel
les LED roses
et les astres
échangent des signaux cryptés
La chambre est calme
Mordorée
Je croyais ne pas aimer Verbier